J’aime ce titre, peut-être devrais je trouver des titres plus sérieux, nous verrons :)

Didactique & pédagogie

Je fais suite à l’article très intéressant  publié par Catherine Semer sur le sujet « didactique du numérique ». Alors non, je ne vais pas paraphraser, je souhaite plutôt prolonger.

Si moi aussi, je souhaite définir la didactique et la pédagogie, je dirais que la didactique se concentre sur les savoirs et connaissances alors que la pédagogie se concentre sur les relations entre les individus du processus d’apprentissage. Ainsi donc, la didactique se concentre sur les savoirs et leurs acquisition. L’apprenant doit avoir une démarche de recherche pour acquérir de nouveaux savoirs et donc de poursuivre son apprentissage. La pédagogie se concentre alors sur la diffusion des savoirs et de leurs méthodes de diffusion. Dans ce cas, un médium diffuse les savoirs à l’apprenant et l’on questionne la relation entre le médium (un professeur par exemple) et cet apprenant. Il y a aussi une distinction à faire dans l’ordre de grandeur. La pédagogie s’interrogeant sur la relation médium-apprenant, nous nous situons à un niveau généraliste alors que la didactique se réfère plus précisément à des champs spécifiques : didactique en économie, en sociologie, en mathématique…

easynomie & eskola [prononcez : eshkola :]

Je pense que plusieurs personnes sont dans le même cas que moi : c’est à dire posséder un ou plusieurs autres sites internet. Pour ma part, je possède deux autres sites qui ont pour caractéristique commune d’utiliser les mêmes ressources. Sauf que dans l’un, je mets l’accent sur la didactique et dans l’autre, je mets l’accent sur la pédagogie. En effet, dans le premier : easynomie, je ne propose qu’une méthode d’apprentissage de l’économie. Je me concentre simplement sur les connaissances et je ne me préoccupe pas de la relation enseignant-apprenant. Ce qui est plutôt logique dans un sens puisque je souhaite obtenir un outil demandant le moins de gestion possible. L’objectif assumé est donc d’avoir une plateforme qui tourne le plus possible sans mon intervention.  Par contre, dans le cas d’eskola, il s’agit d’agencer les ressources et les exercices afin d’organiser une logique pour l’apprenant. De même, eskola privilégie l’utilisation d’un groupe facebook où le réseau d’apprenants, avec le professeur, peut partager des informations et échanger. Dès lors, sur une échelle temporelle, je propose des cours semestriels avec un début et une fin sanctionnée par une note.

Questions et réflexions sur ce type de systèmes

J’ai l’impression de voir principalement se développer sur internet des modèles requérant le moins possible la participation de l’apprenant. Si le modèle mooc ou plateforme de cours basé sur l’acteur réseau ou sur des communautés de pratique se développe évidemment, je me demande si des modèles comme celui de la Kahn Academy, pour l’instant entièrement gratuit, ne vont pas être les seuls à progresser sur une échelle de mesure particulièrement grande. En effet, Kahn Academy (Open Classroom utilise aussi en partie ce modèle) est une plateforme du type modèle informatique (selon la classification d’Agostinelli) : c’est à dire l’approche classique du e-learning : on met en avant un certain nombre de ressources disponibles aux apprenants et un ensemble d’exercices en autocorrection pour valider les acquis.

Par contre, à plus petite échelle, des systèmes basés sur les communautés de pratique où chacun apporte sa pierre à l’édifice communautaire fonctionnent particulièrement bien. La participation aux forums est plutôt intense comme dans le cas du master AIGEME dispensée à Paris 3. Attention, je souhaite nuancer mes propos de deux manières : premièrement nous ne sommes qu’en début d’année et secondement, pour qu’il y ait une valeur scientifique à mes propos, il faudrait analyser plus en détail cette participation (par exemple en comptabilisant le nombre de messages par apprenant publiés par semaine, au total, par rapport à la moyenne de la communauté, etc.)

De même, il faudrait observer l’évolution de ces différents outils sur des périodes différentes (long terme, court terme). On pourrait supposer que les plateforme se reposant sur un simple modèle informatique soient plus pérennes dans le temps alors que les modèles intégrant fortement l’apprenant soient plus réservés à des périodes courtes (cursus mensuels : mooc, trimestriels : modules ou annuels : licence par exemple).

Conclusion ? Pas vraiment…

Donc finalement pour résumer un peu cet article, j’ai essayé de résumer très courtement ma pensée sur la didactique et la pédagogie. Si la première se focalise sur les ressources, la deuxième se concentre sur la relation enseignant-apprenant. Hors, les modèles d’e-learning utilisés reposent sur ces notions et j’ai assimilé les modèles informatiques (easynomie) à des outils principalement didactiques : la relation tuteur-apprenant est minime. Alors que plus l’on va chercher à créer un outils basé sur les interactions, plus nous nous dirigeons vers un modèles pédagogiques (logique non ?). dès lors mes interrogations reposent principalement sur :

  • Quelle pérennité pour les modèles didactiques et les modèles pédagogiques ?
  • Pour quelle taille de public sont le plus propice les modèles didactiques et les modèles pédagogique ?
  • Sur échelle allant du plus pédagogique au plus didactique, pouvons-nous proposer un classement des modèles d’Agostinelli ?