Tapscott écrivait en 2007 qu’internet et les nouveaux médias propulsèrent la création d’artefacts culturels grâce aux systèmes collaboratifs tels wikipédia (Tapscott,2007). Presque 10 après, l’accès aux nouveaux médias est devenue illimitée en Amérique du Nord et en Europe et améliore la consommation et la production de connaissances. La première est devenue multidirectionnelle est la seconde plus efficiente.

Cependant, cette consommation et cette production d’informations ont fait émerger des dérives et un besoin d’éducation aux médias que nous pouvons définir comme la capacité à devenir actif et critique dans la production et la consommation d’information dans les médias. Cependant, aujourd’hui, comment évaluer nos compétences, notre comportement vis-à-vis des médias et est-il pertinent de poser les bases d’une évaluation à cette éducation aux médias (EM) ?

 L’évaluation dans l’éducation aux médias passe par l’évaluation de la consommation et de la production d’informations.

Afin d’apporter des éléments de réponses aux questions de la pertinence et de la faisabilité de l’évaluation dans l’éducation aux médias, nous allons discuter nos interactions avec les médias. Ainsi, nous verrons dans une première partie la question de l’évaluation de l’EM dans le cadre de la consommation de médias puis dans une deuxième partie l’évaluation de l’EM dans la production d’information.

Ainsi donc, si évaluer notre éducation aux médias semble être une question abstraite. En se focalisant sur la consommation de média, il devient possible de mettre en place un système d’évaluation de notre comportement vis-à-vis des informations diffusées par les médias. Celui-ci devient pertinent puisqu’il doit permettre d’évaluer notre comportement suite à la consommation d’une information et notre capacité de critique de l’information obtenue. Ainsi par exemple, une évaluation de l’éducation aux médias devient utile pour déterminer si un individu, enfant ou adulte, parvient à classifier une information selon le discours (pédagogique, commercial, idéologique, etc.) et les objectifs de ses diffuseurs : quel impact cherche-t-il à avoir sur son public (déclencher un comportement de vote, d’achat, etc.). En ce sens, il serait intéressant de mettre en place une évaluation de régulation qui selon De Ketele et Roegiers « vise à ajuster un fonctionnement pour l’améliorer » (in cit. Barbey, 2015). Dès lors, dans le cadre de l’EM, cette évaluation doit être explicite de sorte que l’évalué puisse repenser son comportement durant sa consommation médiatique et le remettre en question. Dans ce contexte, c’est donc l’attitude de l’évalué que nous cherchons à déterminer. En pratique, la recherche documentaire et la synthèse peuvent être des axes d’orientation pour mettre en place une évaluation sur notre consommation.

Maintenant que nous avons observé l’évaluation de l’EM dans le cadre de la consommation d’information, nous pouvons nous intéresser à l’évaluation dans le cadre de production de l’information. Cette production d’information peut se faire dans deux cadres différents. Dans le premier, il s’agit de publier de l’information par rapport à un projet personnel (de type blog) ou collaboratif (de type wiki, forum, etc.). Dans le second cadre, cette production d’information est liée à la gestion des informations personnelles des utilisateurs (nous pouvons inclure toute forme de réseaux sociaux). Si les deux cas peuvent se confondre dans la réalité, il est important de comprendre les enjeux liés aux informations publiés. Plusieurs cas d’étude peuvent justifier le besoin d’évaluer l’éducation aux médias comme par exemple l’existence de cybershaming (où un groupe va humilier un individu sur internet pour une raison x) et la protection des données personnelles (quelles sont les risques liés à la publication d’un contenu privé ?). Dès lors, dans le cadre de la production d’information, une évaluation semble pertinente pour que les individus comprennent l’ensemble des conséquences de leurs actes médiatiques. En fonction des sujets, cela permet aussi de rapprocher l’EM de l’éducation civique et citoyenne. Ainsi, l’évaluation dans ce cadre peut prendre la forme d’une certification pour déterminer si l’apprenant a réussis ou échoué. En pratique, cette évaluation peut prendre la forme d’exercices de sensibilisation et de cas d’étude ou même d’évaluation par les pairs (à l’instar des systèmes tels que les wikis).

 Alors, Évaluation ou pas ?

Ainsi donc, durant cet exercice, nous nous sommes attachés à montrer le besoin d’évaluation dans l’éducation aux médias. Si l’EM reste encore abstrait et nouveau, nous avons montré qu’en se focalisant sur les actes de consommation et de production d’information dans les médias, il devient possible de proposer des méthodes d’évaluation applicables dans la pratique. L’intérêt et la forme d’une évaluation dans l’éducation varie donc en fonction du comportement que l’on souhaite évaluer : consommateur ou producteur d’information et en fonction des sujets abordés. Dès lors, nous pouvons nous questionner sur comment mettre en place une classification des formes d’évaluation dans l’éducation aux médias.

 


Sources :

  • Don Tapscott, Wikinomics : Wikipédia, Linux, YouTube… Comment l’intelligence collaborative bouleverse l’économie , 2007, Pearsons Education.
  • Barbey, Francis, Cours « Evaluation des contenus et projet IEM »,2014-2015, Sorbonne Nouvelle.