(Ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe)

Voilà maintenant deux ans que je n’étais pas vraiment retourné en France autre que pour des vacances. Deux années de ma vie passées dans une ville magnifique : Budapest. Alors, tristesse post-erasmus comme certains aiment l’appeler pour les jeunes qui reviennent au pays ? bah en faite… non.

Mes derniers jours à Budapest ont été un calvaire… non pas que la ville m’était devenue insupportable mais plutôt, cette attente : l’attente d’un avion prévu depuis deux mois et qui n’en finit pas d’arriver. J’ai vécu mes deux derniers jours à attendre et à redouter mon départ. Maintenant que j’écris ces lignes, je me dis que cette crainte du retour ne valait pas tant que cela. Je le clame haut et fort : « finalement, je suis bien content d’être revenu ».

J’ai eu de la chance, c’est tout. Un mois avant mon départ définitif de Hongrie, je trouve un super contrat pour travailler à l’Université Paris Est : non je ne souffrirai pas du chômage. Deux semaines avant mon départ, je trouve un appartement certes cher, mais au cadre légal bien défini (cela m’a manqué) : non, je n’aurai pas de problème de logement à Paris. Et aujourd’hui, je viens de terminer mon installation. Je n’ai pas le temps de penser à la Hongrie et surtout à Budapest. Cette semaine ou la semaine prochaine, je vais enchainer sur mon nouveau poste et sur de nouveaux projets. Ma vie magyare sera déjà loin.

Le volontaire international, ce privilégié ?

Et tout cela m’a fait réfléchir. Très tôt dans mon volontariat international, mes proches et mes collègues de travail m’ont prévenu : »prépare ta rentrée », « trop de V.I. rentrent en France désabusé et sans emploi ». A cette réalité je veux bien croire. Il se trouve que les postes de volontaires internationaux restent des postes précaires : durée limitée et on est vite remercié pour laisser les nouveaux s’installer. Qu’à cela ne tiennent, l’expérience en vaut la chandelle pour qui sait travailler son réseau ou se construire un tremplin.

Que faire pendant son volontariat pour rebondir ?

J’ai fait parti de l’équipe 2013/2015 des volontaires internationaux de Budapest. Nous avons eu la chance de tous trouver un emploi juste après notre volontariat. Voilà donc deux trois propos que je peux tenir et que j’ai pu observé chez mes collègues et chez moi. Je ne les appellerai pas des conseils mais plutôt des constats.

1. Le réseau, c’est la vie

Tous vos profs d’écoles de commerce vous l’ont dit, le réseau, c’est la vie. Si vous êtes en V.I.E, votre entreprise sera votre tremplin pour progresser en interne ou en externe avec d’autres connaissances de travail.

2. Nous sommes tous pareils

Vous pensez être plus cools et plus swag que les autres parce que vous avez eu des responsabilités pendant deux années ? Mettez cette idée de coté tout de suite. On est en 2015 et en 2015, tout le monde a un master (osef du diplôme), une expérience à l’international et parle anglais. Tous les volontaires que j’ai croisé m’ont mis des claques parce que tous étaient hyper compétents dans leur domaine. Il est nécessaire de rester humble par rapport à son expérience et ses compétences.

3. Vous préparez des concours ? Préparez vous encore.

Vous êtes actuellement dans un V.I.A. et souhaitez passer des concours de l’administration publique. Bossez, bossez à fond. Pour deux ou trois qui passeront sans forcer, tous les autres vont devoir bosser des dizaines d’heures par semaine. (Il n’y a pas non plus de raccourci). C’était quelque chose dont je m’étais déjà aperçu lorsque j’ai préparé ma demande de bourse de thèse (que je n’ai pas obtenue). Nous avons globalement tous le même profil. Certes, les expériences sont différentes mais ce n’est pas un rapport meilleurs/moins bons qui s’installe entre les candidats pour un poste donné.

4. Reprenez vos études, ayez pleins d’activités à coté ?

Pendant ma deuxième année de volontariat, j’ai repris un master 2 à distance. C’était super difficile mais cela en valait la peine : j’ai trouvé du travail dans la voie qui me convient le mieux actuellement et j’ai pu rentrer dans un nouveau réseau professionnel. Ce deuxième master m’a permis de me spécialisé dans quelque chose que j’aime. Par ailleurs, le volontariat, c’est aussi une période de tests : créez un blog, publiez des contenus, rendez votre activité visible. Ne considérez pas le volontariat comme une césure ou un Erasmus.

5. Cherchez du boulot pendant le volontariat

Si toute notre promotion a trouvé rapidement du boulot, c’est aussi parce que nous avons tous commencé à chercher environ trois ou quatre mois avant la fin de notre contrat.

6. C’est fini et ce n’est pas si grave.

Juste, répétez-vous cette phrase.

Le volontariat, c’est un peu comme un rêve…

Me voilà donc de nouveau à Paris, exactement comme il y a deux ans. Je me suis fait la réflexion suivante : finalement, j’ai mis ma vie entre parenthèse et maintenant, je reviens à la réalité. Pour mon cas, finalement, c’est pas mal non plus. Plus vite je me réhabitue et plus vite je sortirai de ce syndrome post-erasmus (pour les grands). En attendant, ce billet est un premier exercice de deuil : ma vie à Budapest est terminée, la suivante commence plutôt bien ;)

Internet, merci de m’avoir lu.