La semaine dernière, l’équipe d’un drop dans la Mare a lancé sa campagne tipeee alors qu’environ deux mois plus tôt, à la sortie de leur recueil, ils expliquaient que ce n’était pas un système qui leur conviendrait.

Pourtant, laissez moi deux minutes pour vous convaincre qu’ils ont fait le bon choix, choix qui bénéficie du soutien de leur communauté.

Le Business Model des médias sur internet

La question du business model sur internet est fondamentale lorsque l’on arrive à une certaine quantité de vues. A l’heure à laquelle j’écris ces lignes, Un drop dans la Mare s’approche des deux millions et possède plus 30 000 abonnés. Ainsi, la détermination du business model est importante car c’est ce qui va permettre à un projet de gagner de l’argent soit dans un but de rentabilité soit de profitabilité, notions à ne pas confondre.

Aujourd’hui, il est facile de trouver sur l’internet français des pure-players qui ont réussis à maintenir leur volonté d’indépendance et d’autres qui malheureusement échouèrent. Le point central de ces réussites et échecs est le business model adopté.

Prenons l’exemple de Médiapart. Dès le départ, Plénel et cis ont décidé d’être indépendants quoi qu’il arrive et ce, dans le but de proposer un journalisme d’investigation clairement absent des papiers mainstream. Pour assurer cette indépendance, Médiapart choisit alors de faire payer sa communauté. Ainsi, dans la ligne de conduite du média, celui-ci ne doit rendre des comptes qu’à sa communauté et pas à une régie d’annonceurs publicitaires.

Ainsi dans ce cas, médiapart a réussi à conserver sa ligne éthique parce que son business model lui permit de garder ses distances de la publicité ou d’autres intéressés.

Chose que Rue89 n’a absolument pas réussis. Ce pureplayer s’est orienté vers le modèle de la régie publicitaire sur internet. Le rachat ou plutôt l’engloutissement de ce média par le nouvel Obs montre a quelle point la stratégie intiale d’un pure-player est importante.

Internet, champ de bataille des créateurs de contenus.

Aujourd’hui, sur internet, il faut se battre. Se battre pour conserver son autonomie tout en essayant au minimum de rentabiliser son activité. Ainsi, quand Un Drop a sorti son recueil, je me suis jeté sur l’achat du-dit ouvrage. Mais cette stratégie fut une double déception. La première déception est que je n’ai appris que trop tard qu’une grosse partie du prix allait à amazon. Et cela m’a fait mal de savoir que je donnais beaucoup trop d’argent à un tiers. La deuxième déception est peut-être plus pour l’équipe d’Un drop qui malgré cela, n’a pas rentabilisé son activité.

Si Un Drop dans la Mare ne fait pas le nombre de vues d’une mauvaise chaine de gaming, il est en revanche indéniable que sa communauté a une exigence très forte vis-à-vis de la qualité. Non, je ne veux pas voir quelque chose pour mettre mon cerveau en off et Oui je veux que mon cerveau bouillonne après chaque vidéo. C’est le contrat qu’Un Drop a passé avec nous, sa communauté.

Je conçois l’équipe d’Un Drop un peu comme médiapart : Un pure player indépendant et d’investigation sur le jeu vidéo. Le contenu d’opinion proposé est de qualité et la communauté attend beaucoup de l’équipe d’Un Drop sans être prise pour une vache à lait, exactement comme le fonctionnement de Médiapart.

Il ne reste donc aujourd’hui qu’une seule solution : demander un financement de la part de sa communauté. Sinon, la menace est que la qualité des vidéos va diminuer au fur et à mesure du temps. Jusqu’au jour où Un drop arrêtera ou pire… fera des playthroughs sponsorisés.

Ainsi, la campagne tipeee est un pari sur la communauté d’Un Drop dans la Mare. C’est le pari qu’environs 1% des abonnés va être prêt à financer le projet. Le calcul est simple : 300 personnes donnent 2 euros pour une vidéo et la participation à la vie communautaire d’Un Drop. Idéalement, il serait souhaitable qu’un Drop « transforme 2 ou 3 % » en tipeur afin d’assurer un revenu supplémentaire par rapport à leur activité principale autre que la réalisation de vidéos.

Conclusion

Aussi, afin de respecter le contrat qu’un Drop passe avec sa communauté tout en leur permettant de maintenir leur activité, l’équipe est obligé de mettre en place un business model tel que celui du financement participatif proposé par tipeee. Un drop fait le choix d’être dépendant de sa communauté plutôt que d’une régie et c’est très bien car comme je vous l’ai expliqué, sur internet, il faut se battre pour garder son indépendance sans tomber dans la facilité du business model de la régie publicitaire.

Voila ! J’espère qu’après ce texte, vous serez convaincu qu’un Un Drop dans la Mare a fait le bon choix en ouvrant un compte tipeee et j’espère aussi que vous ferez le choix de soutenir les projets médiatiques indépendants car sans ceux-là, il ne reste que les mainstream… et ce n’est pas beau à voir.

En attendant, je pars droper ma pièce de deux euros dans la mare de Thomas et Rémi en espérant qu’un jour, elle devienne un océan.
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