Selfie,
Ce mot est devenu tellement important ces deux dernières années qu’il a été sacré mot de l’année en 2013…
Mais pourquoi ? Qu’est ce qui a amené un comportement à devenir si important dans notre société ? Est-ce que se sont nos smartphones qui nous ont transformés ? Pourquoi concentrons-nous uniquement notre regard sur nous même ?
Bonjour Internet, c’est Esteban, et dans cette vidéo, nous allons nous interroger sur la question suivante : y-a-t-il une science derrière les selfies ?

La vidéo !

 

Le Script

C’est dans le milieu des années 2000 que l’on commence à voir véritablement apparaitre les selfies. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que les technologies que nous avions à notre portée nous le permettaient. Souvenez-vous : cela explosa avec les première caméras frontales disposées sur nos smartphones.

Pourtant, peut-on dire que les selfie n’existent que depuis les années 2000 ? La première réponse qui nous viendrait à l’esprit serait de dire non. De tout temps, les artistes ont réalisé des autoportraits. Alors, la question que l’on peut se poser c’est : est-ce que le selfie est différent de l’autoportrait ? Si le produit final est similaire, il existe pourtant une différence dans la finalité des autoportraits et des selfies. Et oui, l’autoportrait, au delà du travail d’introspection, est aussi un exercice afin qu’un peintre améliore sa technique. Le peintre étant le son premier modèle, c’était plus facile de faire des autoportrait que de demander à une personne de poser. Le selfie a un objectif tout autre. Pour expliquer cela, je vais me reposer sur la traduction québécoise de selfie : egoportrait, qui a été proposé par Fabien Deglise. En psychologie, l’ego est associé à la représentation et à la conscience que l’on a de soi-même. Dès lors, si l’autoportrait nous permettait de nous représenter, le selfie ou l’egoportrait permet de diffuser la représentation que nous avons de nous-même. Quand je diffuse un selfie, je ne cherche pas à me montrer tel que je suis mais je cherche à partager la façon dont je me conçois.

Dans les usages, le selfie plait énormément aussi à cette définition car je contrôle totalement les informations que je diffuse. Ne vous êtes vous jamais trouvé moche sur une photo ? Non pas que l’on soit véritablement mais plutôt, on voit une photo de nous qui a été prise par un ami et en voyant cette photo, on demande à cet ami de supprimer cette photo parce que l’on ne s’aime pas ?

Tout d’abord, pourquoi l’on ne s’aime pas sur les photos ? Un élément de réponse peut se chercher du coté d’une théorie en robotique : La vallée dérangeante. Cette théorie développée par Masahiro Mori énonce que plus un robot android est similaire à un humain et plus ses imperfections vont nous paraitre monstrueuses. Et c’est peut-être ce qui se produit sur nos photos. Les photos de nos visages se rapproche de la représentation que nous avons de nous mais n’est pas identique à notre idée de nous même. Les différences que nous percevons entre la photo et l’image que nous avons de nous même rend la photo horrible à nos yeux même si notre entourage nous dira que c’est une bonne photo… Et c’est ce qui nous poussera à dire cette fameuse phrase : “je n’ai jamais été photogénique”.
La photo finale que nous choisissons de diffuser est la rescapée d’une sélection que nous avons au préalable réalisée.

Le selfie nous permet de parfaitement contrôler notre image. Il permet aussi de combler le manque de connaissance que nous avons de notre visage. Suis-je beau ? Suis-je moche ? Il existe un terme pour cette crainte : la dysmorphophobie. Et cette crainte se traduit dans les usages que nous avons du selfie.

Suis-je beau ou moche, voila une question que personne n’aime se poser. et bien, pour ne pas y répondre, on va cherche à mettre en place des stratégies variées pour faire en sorte de ne jamais avoir à se demander cela. C’est pourquoi il existe tant de catégories de selfie… Et c’est le seul intérêt logique que j’ai trouvé à l’existence du duckface. Si ce dernier est horrible et aujourd’hui fait rire beaucoup de monde et bien il faut reconnaitre qu’il concentre notre regard sur la pause de la personne plutôt que de se questionner sur la beauté de la personne.

Il faut reconnaitre que dans notre vie, nous serons toujours plus habitués aux visages des personnes qui nous entourent plutôt qu’à notre propre visage. Si notre cerveau est extrêmement compétent pour reconnaitre des visages humains, il est cependant complètement à coté de la plaque quand il s’agit de notre propre visage. Donc, l’une des question que je me pose, c’est : est-ce que le selfie calme notre crainte d’être moche ?

Sartre disait l’enfer c’est les autres. Mais nous nous connaissons aussi par le regard des autres. Et les autres seront toujours plus habitués à notre visage que nous le serons jamais. Dès lors, la prochaine fois que vous vous trouverez moche sur une photo alors que votre entourage vous dit que vous êtes beaux, le mieux est véritablement de leur faire confiance.

Internet merci de m’avoir lu :)

Les sources utilisées

Ego : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ego
Mot de l’année en 2013 http://www.huffingtonpost.fr/2013/11/19/selfie-mot-annee-2013_n_4300555.html

De l’autre coté de l’egoportrait : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/386732/de-l-autre-cote-de-l-egoportrait#

The Meaning of the Selfie, James Franco : http://www.davis.k12.ut.us/cms/lib09/UT01001306/Centricity/Domain/7332/The%20Meanings%20of%20the%20Selfie%20Defintion%20Essay.pdf

Art at Arm’s Length: A History of the Selfie, Jerry Saltz : http://www.cam.usf.edu/InsideART/Inside_Art_Enhanced/Inside_Art_Enhanced_files/6D.Art_at_Arm%27s_Length_%282014_article%29.pdf

The science behind the selfie : http://www.bbc.com/news/blogs-magazine-monitor-25763704

My Selfie, myself, Jenny Wortham : http://www.nytimes.com/2013/10/20/sunday-review/my-selfie-myself.html

Why we really take selfies: the ‘terrifying’ reasons explained, Radhika Sanghani : http://www.telegraph.co.uk/women/10760753/Why-we-really-take-selfies-the-terrifying-reasons-explained.html

La dysmorphophobie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dysmorphophobie